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Mairie de Roderen

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Roderen est un trop petit village pour posséder une belle et grandiose histoire. Son passé est celui du pays, de la province, de la région: le Sundgau, et de la seigneurie de Thann.

Son destin est celui des hommes qui l'ont construit au fil des siècles, humbles familles besogneuses et courageuses.

Vers 1500 avant J-C, les Celtes, venus de l'Est s'installèrent en Alsace et dans toute la Gaule. Leur civilisation guerrière nous a laissé notre caractère fonceur et frondeur, quelques belles traditions issues de nos rites ancestraux (Les feux de la saint-Jean, les arbres et les fêtes de mai, le carnaval et la fête des morts sont des traditions issues de fêtes gauloises.) et un nombre important de lieux, de choses, voire même de familles.

Un clan gaulois, les Séquanes, peu à peu s'appropria les terres fertiles de l'Est de la Gaule, sur la rive gauche de la Saône. Les Séquanes étaient installés dans le Sundgau et le piémont ouest des Vosges. La Thur était la limite qui les séparait des Rauraques et du clan des Médiomatriques implantés plus au Nord. peu de vestiges subsistent dans notre région de cette époque. On sait que déjà il existait un passage permettant de rejoindre par le col de Bussang l'autre versant des Vosges. Par ce chemin le commerce entre différentes régions pouvaient s'établir.

Il faut attendre la conquête romaine, beaucoup plus tard, pour voir notre région s'animer. En 58 avant J-C, Jules César battit Arioviste le Germain sur l'Ochsenfeld, entre Wittelsheim et Cernay. C'est du moins le lieu le plus fréquemment admis par les historiens.

La civilisation romaine transforma la vie de la région. Le commerce devint prospère grâce aux nombreuses routes empierrées qui furent créées et aux villes qui se développèrent à travers tout le pays.

Mais à partir du Vème siècle, l'empire romain s'affaiblit puis disparait et les invasions germaniques ruineront en partie la prospérité de la région. Les rois mérovingiens et les Carolingiens ne s'occuperont pas beaucoup de l'Alsace.

L'Alsace, le nom apparait une première fois dans une chronique de l'an 610, faisait partie du royaume franc, puis de de l'empire carolingien. Après le traité de Verdun en 843 partageant l'empire de Charlemagne entre ses trois fils, notre région connut une période trouble. il faudra attendre Otton le Grand, couronné empereur d'Allemagne en 962 pour retrouver paix et prospérité. S'appuyant sur l'Eglise et surtout sur les évêques pour consolider sa puissance, Otton et ses successeurs comblèrent ces derniers de donations et de privilèges. Ils s'appliquèrent aussi à restaurer les abbayes et à en fonder de nouvelles.

Le Duc d'Alsace nomma deux comtes pour administrer le Nordgau et le Sundgau. Vers l'an mil Hughes IV d'Eguisheim fut comte du Nordgau. Un de ses trois fils, Bruno, deviendra pape sous le nom de Léon IX. Un autre, sous le nom de Hughes VI construisit de nombreux couvents, abbayes et châteaux-forts. Il mourut en 1045. Son épouse Mathilde avait fait construire le couvent de Woffenheim (Ste Croix en Plaine) où il fut enseveli.

Pour assurer des revenus à cette nouvelle fondation, elle dota le couvent de terres. Dans cette donation figure pour la première fois le nom de Hohenroderen

Cette charte de 1090 énumère le cens annuel que les villageois devaient payer pour avoir le droit de vivre et d'exploiter la terre de leur maître: l'abbaye de Woffenheim.

L'ORGANISATION DE LA VIE VILLAGEOISE

Entre le XIème siècle et le XIIIème siècle de nombreux sites sont défrichés pour favoriser la construction de villages. Vers 1045-1090 Vieux-Thann existe déjà, de même que Masevaux, Cernay, Guewenheim, le village d'Otzenweiler, situé entre Leimbach et Rammersmatt. Les localités de Bourbach, Leimbach et Rammersmatt, ne sont encore que des lieux où les hommes travaillent, une bergerie, une ferme, un pâturage.

La création d'un village n'est pas due au hasard. Il ne s'agit pas simplement d'arracher, brûler, nettoyer et faire venir des hommes, mais de créer un embryon de vie communautaire capable de vivre en autarcie et régi par une organisation administrative et judiciaire mise en place par le propriétaire, seigneur ou couvent.

L'environnement, le sol, l'exposition, la nature du futur site sont étudiés en fonction des revenus que le propriétaire terrien entend en tirer. Par conséquent, la fondation d'un village est avant tout un acte économique mûrement réfléchi, permettant l'exploitation d'une terre vierge. Par ailleurs, le déplacement de la future population permet de dégorger d'autres lieux déjà en surpopulation. C'est donc une émigration organisée.

Lors de la fondation de Roderen, ces phénomènes ont joué, puisqu'il il s'agissait de doter de revenus réguliers l'abbaye de Woffenheim. Les moines ont veillé au défrichement de la terre, à son exploitation et son peuplement, y amenant une main d'oeuvre paysanne et artisanale dont le village avait besoin pour subsister. La population rurale qui s'installa à Hohenrodern n'était sûrement pas nombreuse, au maximum une dizaine de familles. Longtemps ces familles vont travailler pour que le ban de leur village ressemble à celui de milliers d'autres villages. Le ban était délimité sur tout son pourtour par des pierres, des rochers importants, des arbres très hauts dont la coupe était interdite. A l'intérieur du ban, les cultures, les vergers, les pâturages et les jardins étaient clôturés d'une haie afin de distinguer les différents secteurs et de les protéger des troupeaux qui pouvaient nuire aux cultures.

Le village lui-même, en principe situé sur un monticule, était clos d'une palissade, d'un fossé et d'une haie. Les maisons aux toits de chaume comportaient une ossature en bois avec des murs garnis de torchis. Habitation, grange, étable ou écurie étaient sous un même toit. Le sol en terre battue était recouvert d'une jonchée d'herbes odorantes.

Le mobilier était restreint: une table, quelques bancs et quelques coffres en bois.

Les familles vivaient chichement. Selon leur situation sociale, certaines possédaient un lopin de terre qui leur permettait de cultiver des légumes, pois, choux, fèves, leur alimentation de base. Elles élevaient quelques poules et des lapins. Les plus riches avaient un cochon, une vache, parfois quelques moutons. Posséder un cheval était un signe de richesse.

L'économie rurale consistait à produire des céréales, blé, orge, froment, seigle, avoine, à cultiver de la vigne et à élever des troupeaux de bovins qui appartenaient au seigneur. En dehors du troupeau, un seul homme ne pouvait posséder plusieurs bêtes. Pendant des siècles les villages n'ont été que des communautés de paysans ne formant un tout que par le nom de la localité. Ce groupe d'hommes se divisait en plusieurs classes sociales:

- ceux qui possédaient la terre : seigneurs, laïcs ou ecclésiastiques;

- ceux qui cultivaient la terre pour un maître: les colons héréditaires, hubers, obéissaient aux lois de la colonge et formaient la classe des notables du village parmi lesquels sont choisis les échevins et les fonctionnaires;

- les affranchis ou hommes de conditions très différentes;

- les serfs qui appartenaient au maître de la terre qui pouvait les vendre, les donner ou les échanger. Ils n'avaient rien à eux, ni habitation, ni meubles.

Le seigneur avait droit de vie ou de mort sur tous les sujets du village, qu'ils soient libres ou non et chacun devait se plier aux règles. C'est ainsi que les hommes ne pouvaient quitter le village sans autorisation et sans payer un droit. Ils ne pouvaient épouser une personne appartenant à un autre ban, sans autorisation du seigneur et paiement d'un rachat.

A Hohenrodern il y avait deux maîtres:

- celui à qui appartenait la terre: la famille des Eguisheim;

- celui qui l'exploitait: l'abbaye de Woffenheim, puis plus tard le couvent d'Oelenberg.

Pour faire respecter ses droits de juridiction, le seigneur nommait un Schulteiss. Celui-ci était un officier seigneurial pris parmi les hommes de confiance l'entourant. I1 était chargé de le représenter et de faire régner le droit de basse justice, de prélever les impôts, de veiller aux droits du propriétaire. Le Schulteiss était exempt de taxes et percevait une part des amendes et quelques redevances.

Pour l'aider, le Schulteiss nommait un échevin appartenant à la classe des colons héréditaires du village. Il était l'assesseur du juge.

Schulteiss et échevin formaient le Gericht, le tribunal. Hohenrodern devint rapidement le siège d'un Gericht ayant autorité sur les villages de Leimbach, Rammersmatt et Otzenweiler.

Enfin le Schulteiss désignait un employé subalterne faisant office de garde-champêtre, pris parmi les paysans: le Weibel, cursor ou tout simplement le sergent qui recevait un salaire en nature ou en espèces. Parallèlement à l'organisation judiciaire, se tenait celle de la gestion des terres et de la police villageoise. Un intendant, maire ou Meyer était placé à la tête du village ou d'un ensemble de villages. Jusqu'à la Révolution un intendant régit Hohenrodern, Leimbach et Rammersmatt. Des jurés, élus parmi la population, répartissaient les quotes-parts des impôts à payer par chacun. Ces impôts étaient importants. Tout d'abord, l'abbaye de Woffenheim percevait le cens annuel, un impôt versé pour avoir le droit de vivre sur la terre et sous la protection du seigneur. Ce cens se décomposait en trois tributs:

- en argent sur la personne,

- en nature sur la terre cultivée, en récolte (Bannkorn pour le froment, le seigle ou l'orge), Bannhaber ou Zimshaber pour l'avoine, Landgarbe pour la moisson).

- en animaux : pour le droit d'habitation et d'entretien d'un ménage, en poules et en oeufs.

Pour hériter des maigres biens familiaux, il fallait payer le Fall, redevance en argent ou en nature qui libérait les biens du défunt. Ensuite un bon nombre de redevances en nature, en hébergement ou en corvées échouaient aux villageois. De même, ils étaient contraints de se servir du pressoir, des fours, des moulins seigneuriaux moyennant une taxe. N'oublions pas les péages, les droits pour les foires et une multitude de petites redevances selon les besoins du seigneur ou de l'Eglise.

l'Eglise jouait évidemment un rôle important dans la vie des villageois. Elle aussi prélevait ses redevances en argent ou en nature. Si bien que les villageois n'étaient ni libres, ni riches, mais astreints à une vie miséreuse. Hohenrodern était mairie indépendante dirigée par un Meyer. Mais Hohenrodern possédait également une cour dîmière et le droit d'asile qui appartenait au couvent d'Oelenberg qui l'avait reçu de Woffenheim. Les colongers payaient le cens ordinaire et la dîme. La maison qui accueillait la cour colongère était une ferme carrée avec une porte à l'arrière toujours ouverte pour servir de refuge occasionnel pour ceux qui en avaient besoin.

Le seigneur venait au moins une fois l'an à Hohenrodern, entre la Saint Martin et le Carême, pour le plaid, l'assemblée annuelle où les habitants étaient tenus de reconnaître les droits seigneuriaux et lui rendre hommage. Le village entier était concerné par cette visite.

Les coutumes étaient strictement réglées et devaient être respectées à la lettre. Le maire était prévenu du jour du passage et les paysans avisés. Le seigneur descendait chez le maire qui devait lui offrir des lits et du linge fraîchement lavé, des assiettes et des gobelets neufs et des chandelles de cire. Hohenrodern devait joindre à la vaisselle et aux nappes des "Handzwehlen" (essuie-mains) et des "Krachende Betten und wisz lilachen" (draps) ou bien des "gute Betten mit Krachenden lilachen" (krachend, craquants, fraîchement lavés et séchés).

Pour les repas les paysans offraient du veau, du porc, des poulets avec des épices "bonnes et suffisantes". Ces repas étaient souvent préparés par le cuisinier du seigneur.

Pour les chevaux il fallait fournir de la paille fraîche ou sèche " leur montant jusqu'au ventre" ainsi que du foin frais et de l'avoine "en quantité suffisante pour que la tête pût s'y enfoncer jusqu'aux oreilles".

Tous les frais du festin devaient naturellement être supportés par les paysans qui n'en recevaient que les restes. Cette organisation sociale du village restera en place jusqu'à la Révolution de 1789, malgré les événements politiques qui pourront survenir.

AU TEMPS DES FERRETTE

L'histoire de notre village est celle des seigneurs qui le possédaient. Ceux-ci se contentaient de surveiller les revenus qui s'inscrivaient sur les parchemins tenus par leurs comptables.

Ulrich, le denier des fils de Gérard d'Eguisheim décéda en 1144 sans héritier. Sa soeur était la seconde épouse de Frédéric Ier de Ferrette et les Ferrette et les Dagsbourg se partagèrent sa succession.

Ainsi toutes les possessions des Eguisheim dans le Sundgau revinrent à Frédéric Ier. Celui-ci s'acharnait à construire monastères, couvents, églises et chapelles à l'ombre desquels les paysans s'installèrent pour exploiter la terre.

Vers 1160 Frédéric fonda Thann. Après son décès, son fils Louis hérita de ses biens. Celui-ci ajouta à son titre celui des Eguisheim. Parti en croisade avec Frédéric Barberousse, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion il y serait décédé en 1190.

Une longue querelle d'héritage fut pour la région un désastre pendant plus de trente ans. De 1234 à 1251, Ulrich, fils de Frédéric II abandonna ses droits et le château de Thann en fief à Berthold de Teck, évêque de Strasbourg.

Peu à peu la région se repeupla. Les XIIème et XIIIème siècles furent ceux des grands défrichements. Les forêts firent place aux cultures et aux pâtures. Aux abords des villes des lopins de terre furent destinés à la culture maraîchère.

En 1271,1e comte Ulrich de Ferrette vendit ses possessions du Sundgau à l'évêque de Bâle Henry de Neuchâtel. Tout le Sundgau dépendait maintenant de l'évêché de Bâle, tant pour le spirituel que pour le temporel. Mais les Ferrette récupérèrent leurs possessions du Sundgau sous forme de fief. Ils devinrent les vassaux de Henry de Neuchâtel et gérèrent ses terres sundgauviennes.

Pour développer la ville de Thann ils firent venir des familles de différents villages des environs. Des familles de Roderen aussi rejoindront Thann dans l'espoir de prospérer.

Un demi-siècle plus tard, tout le comté de Ferrette tomba, par héritage, dans les mains d'un puissant seigneur: le duc d Autriche, Albert II de Habsbourg.

AU TEMPS DES HABSBOURG

Albert s'empressa de joindre les terres apportées en dot par Jeanne dans ses possessions héréditaires d'Autriche Antérieure. Les fiefs des seigneuries de Thann, Altkirch et Ferrette appartiennent toujours aux évêques de Bâle. Les Habsbourg deviennent donc les vassaux de l'évêque de Bâle. Cette situation durera jusqu'en 1648.

Hohenrodern fait toujours partie de la seigneurie de Thann. Par son importance, le village est un Meiertum (mairie) indépendant qui comporte aussi Rammersmatt, Leimbach et Otzenweiler. Jeanne, dès 1344 s'attacha à placer sous la responsabilité de Thann les mairies indépendantes de sa région. Les villages de Vieux-Thann, Erbenheim et les deux Aspach furent placés sous l'autorité de Thann. Cette situation provoqua le départ de villageois vers Thann. Les familles TSCHAMSER, TSCHEILLER, TSCHANN, KUENTZ et LOSS quittèrent Roderen et s'installèrent à Thann. Les nouveaux habitants espéraient obtenir le droit de bourgeoisie et ainsi améliorer leur condition de vie.

En 1360 Thann devint une ville. Le vendredi avant le dimanche de Judica en 1361, Rodolphe IV décida de supprimer la justice de Hohenrodern et d'incorporer les quatre villages à Thann avec les droits et les coutumes pour la justice et les impôts.

Pendant neuf ans les villageois vont se battre pour conserver leur indépendance. Mais ils ne pourront pas échapper à leur destin. Les villageois obtinrent le droit de bourgeoisie. Pour les impôts, les villageois auront à payer suivant leur fortune. Trois délégués de Hohenrodern participeront avec ceux de Thann à la répartition des impôts.

Le rattachement de ces sept villages provoqua la disparition d'Erbenheim, puis d'Otzenweiler qui subit, en sus, une peste noire et fut totalement abandonné vers 1470.

Peste noire, tremblements de terre (1353, 1356, 1364), famines ravagèrent le pays. En 1365 une bande de mercenaires, les Grandes Compagnies, connues sous le nom "les Anglais" sema la ruine et la misère dans la région. Sans emploi depuis la paix de Brétigny en 1360, on les avait envoyé guerroyer contre les Infidèles turcs en Hongrie. En cours de route ils pillaient, ravageaient tout sur leur passage. Ils restèrent un mois en Alsace. Autour de Thann ils semèrent la désolation. Ils n'allèrent d'ailleurs jamais en Hongrie et repartirent vers la Lorraine.

Dix ans plus tard, en 1375, nos ancêtres subirent à nouveau l'assaut de troupes appelées "les autres Anglais". Les mercenaires réduisirent toute la région à feu et à sang. Après une courte incursion en Suisse, repoussés par les Confédérés, les mercenaires revinrent en automne 1377 et continuèrent à tout dévaster Toute la vallée de Saint-Amarin, tous les villages de la plaine et aussi Roderen furent réduits en cendres. Plus de quarante six églises et couvents furent pillés et brûlés. Après leur départ, courageusement, les populations reconstruisirent maisons et églises.

Une période de calme permit aux gens de souffler et de panser les plaies. Mais en 1439, le nord de l'Alsace sera pillé par les "Ecorcheurs" et en 1444, ces mêmes bandes sévirent dans notre région. Quarante mille soldats conduits par le dauphin Louis, futur Louis XI, prirent leurs quartiers d'hiver en Alsace. Et ce fut bien là le drame! Les Ecorcheurs, faute d'occupation se livrèrent au pillage de toute la région. Couvents, villes, villages, églises, tout fut à nouveau mis à sac et réduit en cendres. Thann résista, mais les villages alentour furent entièrement dévastés, les cultures détruites, les vignes complètement saccagées. Mais la faim et le froid auront raison de ces indésirables qui en 1445 s'en retournèrent en France avec un énorme butin.

Comme toujours, les hommes reconstruisirent et la paix s'installa jusqu'en 1468. Cette année-là les Confédérés suisses entrèrent dans le Sundgau et le mirent à feu et à sang avec une armée de quatorze mille hommes. Les Suisses plantèrent leurs tentes sur la plaine de l'Ochsenfeld. Ils pillèrent Vieux-Thann. Ils tentèrent d'entrer à Thann qui résista bien protégée par ses murailles. Alors, comme d'habitude, ils s'en prirent aux villages avoisinants. Hohenrodern fut pillé et brûlé. La même année fut fondée à Hohenrodern la Confrérie de Saint-Sébastien à laquelle adhérent de nombreuses personnes de toute la région. Cette même année l'église du village, détruite en 1376 fut reconstruite.

En 1469, le duc de Bourgogne fut autorisé par le traité de St Omer de racheter toutes les possessions engagées appartenant à Sigismond. I1 redevint ainsi le maître de notre région.

Charles le Téméraire nomma pour gérer Thann et ses seigneuries, Pierre de Hagenbach. Celui-ci devait rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays.

Thann comptait alors deux cent feux. Trente six villages, dont Hohenrodern, dépendaient de sa juridiction, ce qui représente alors environ sept cents foyers. Thann était bien protégée par ses murailles et commandait l'entrée de la vallée de St Amarin. Il fallait passer deux portes pour pénétrer dans la vallée.

En 1470, Hagenbach racheta pour le compte de Charles le Téméraire les derniers engagements sur Thann. S'étant mis au travail, il affirma rapidement son autorité et réussit en moins d'une année à ramener le calme. Les routes redevinrent sûres, le commerce put à nouveau prospérer.

Jusqu'en 1472 la paix régna. Hagenbach y veilla d'une main de fer. Pour résoudre ses problèmes financiers il fut peu ou pas aidé par son maître, Charles le Téméraire. Les dépenses étaient fort nombreuses pour racheter les engagements, administrer villes et villages, assurer la subsistance d'une petite armée. Il n'hésita pas à se montrer violent et brutal pour faire rentrer les impôts de ses concitoyens.

Dans les décomptes de recettes de bois pour la seigneurie de Thann sous les Bourguignons, on apprend que Hohenrodern, écrit alors Horronne, payait avec les habitants d'Aspach pour "l'affuaige et le chaffaige", affouage et chauffage, "à Martin d'ivers" 13 livres 10 solz tournois. Les habitants d'Horronne acquittaient également pour le guet du château de "Tannes" 9 livres tournois.

Un autre passage dit que "le village d'Oroenne doit pour les deux paisseaulx de vignes, deux livres". En ce qui concerne les recettes des gélines (poules), les villages de "Horenne et Rambusmarch" (Rammersmatt) devaient chacun à "Tannes" une certaine quantité de volailles d'une valeur de 1 sol tournois par an.

Avec les nouveaux impôts, une politique visant à abolir les pouvoirs des corporations pour diminuer la force des bourgeois, à restreindre les privilèges des nobles, Hagenbach se mit à dos toutes les classes composant les populations sur lesquelles il devait veiller.

Il semble que le clergé le prit en haine. Ses ennemis n'auront de repos que lorsque Hagenbach sera déposé. Pour cela ils s'acharnaient à profiter de tous les écarts qu'il faisait: vie privée désordonnée, impôts incongrus, traités non respectés.

C'est à cause d'un nouvel impôt sur le vin, baptisé pour la circonstance "le mauvais denier" que Thann s'enflamma au début de 1473. Refusant d'acquitter cet impôt allant à l'encontre des accords passés, la seigneurie de Thann, imitée par Ensisheim et Brisach, se souleva.

Hagenbach obtint du Téméraire l'autorisation de réprimer cette révolte. Aussitôt, le 3 juillet, il marcha sur Thann, l'enleva, désarma la population et fit décapiter quatre bourgeois. Puis il se précipita sur Ensisheim et enfin sur Brisach où la population refusa d'ouvrir les portes. I1 faudra une discussion et des accords pour que Brisach cède. Brisach obtint le privilège de ne pas payer ce nouvel impôt avant que le Téméraire ne tranche.

Charles le Téméraire vint dans la région le 20 décembre 1473. La population craignait les retombées de ses actes. Charles le Téméraire avait démontré dans le passé la violence, la cruauté et la barbarie avec lesquelles il matait les révoltés. Ces craintes étaient justifiées. I1 approuva les actes de Hagenbach, punit Brisach en lui supprimant tous ses privilèges et toutes ses franchises, Pour pouvoir sortir de la ville, les bourgeois de Thann durent payer mille deux cents florins à Charles et trois cents à Hagenbach.

Charles le Téméraire retourna à Dijon en janvier 1474. Cette année verra la fin de la domination bourguignonne et de celle de Pierre de Hagenbach, qui, après son mariage avec une jeune beauté, Barbe de Montford, fut trahi par ses troupes, fait prisonnier, condamné et exécuté à Brisach le 9 mai 1474.

Sigismond, duc d'Autriche, offrit au Téméraire l'argent pour racheter les terres engagées. Après cinq ans de règne, les Bourguignons quittaient définitivement le sol d'Alsace.

1474-1648: LA REGION SOUS LES HABSBOURG

Après la victoire de Sigismond, les ducs d'Autriche jouirent de nouveau de leurs droits sur la Haute-Alsace et le Sundgau. La région prospéra, mais Thann et ses domaines seront bien souvent engagés pour pourvoir aux dépenses de leur maître. Dans le petit peuple et chez les paysans le mécontentement montait.

Avec le protestantisme de nombreuses idées nouvelles furent véhiculées. Les paysans prenaient conscience de leur mauvaise situation économique due en partie à leur endettement. La misère pesait sur les petits tenanciers et les artisans. Les principales causes en étaient la disette et la fluctuation des cours des grains et du vin. Par ailleurs les paysans subissaient la pression accrue des exigences en corvées et impositions des seigneurs ruraux souhaitant compenser l'affaiblissement des monnaies, et celles des seigneurs territoriaux avides d'accroître leurs pouvoirs et de renforcer l'organisation des états naissants.

Vers 1493 une société secrète est fondée dans la région de Sélestat par les paysans sous le nom de "Bundschuh". La répression qui s'en suivit attisa la haine du petit peuple à l'égard des privilégiés et du clergé.

A Hohenrodern, la vie continuait. Le 29 août 1512, l'évêque de Tripolis, coadjuteur de Bâle bénit le choeur, l'autel, le cimetière de l'église. Il posa la première pierre de l'ossuaire. Pour la circonstance il accordait à tous les visiteurs de l'église aux jours de fête quarante jours d'indulgence.

En avril 1525, un nouveau soulèvement des "Bundschuh" eut lieu. On l'a nommé la "grande Guerre des Paysans". Partie d'Allemagne, l'insurrection toucha rapidement la Haute Alsace et le Sundgau. Les paysans se soulevèrent en masse. Ils se munirent d'un parchemin contenant douze articles par lesquels ils réclamaient des droits nouveaux. Ils voulaient choisir leur curé. Ils demandaient l'égalité et la liberté selon l'Ecriture. Ils ne voulaient plus crouler sous les impôts, mais payer uniquement la dîme pour l'entretien de leur curé. Ils exigeaient le droit de chasse et de pêche, celui d'exploiter les forêts. Enfin ils demandaient moins de corvées, plus de justice.

Les révoltés, Henri WETZEL, paysan de Spechbach en tête, engagèrent trois mille lansquenets suisses et, par bandes, se lancèrent à la conquête du Sundgau. Châteaux et couvents furent pillés, leurs archives contenant les coutumes brûlées. Rapidement les seigneurs réagirent et se liguèrent pour mater la révolte des paysans. En moins d'une année ceux-ci furent remis dans le droit chemin. Au passage ils perdirent de nombreux droits et coutumes. Leur situation redevint pire qu'avant.

Jusqu'en 1571 aucun fait notoire n'intervint dan la région. Mais à partir de cette date un fléau nouveau s'abattit sur les campagnes. Jusque là c'étaient les Juifs qui étaient régulièrement accusés d'apporter maladies, guerres, disette. Maintenant on courait après les sorcières. Tout le monde croyait à la sorcellerie en ce temps là. Partout on pourchassait, arrêtait, soumettait à la question, jugeait et brûlait les hommes et les femmes soupçonnés d'être sorciers.

Entre 1571 et 1620, cent vingt cinq personnes furent brûlées sur le bûcher à Thann. Sur ces personnes, hommes ou femmes, dix sept étaient originaires de Roderen. Triste période que celle, où il suffisait d'un voisin jaloux, pour qu'une famille perde un de ses membres accusé de sorcellerie.

Au Concile de Trente (1545-1563) il avait été décidé que les prêtres tiendraient des registres dans lesquels ils inscriraient les décès, les baptêmes et les mariages. A Hohenrodern le premier registre débute en 1587. I1 s'agit d'un registre de décès. I1 fait partie des plus vieux registres paroissiaux existant actuellement. Le registre des baptêmes sera commencé vers 1600.

Maintenant on peut connaître les familles qui habitaient Hohenrodern à cette époque, ainsi que les métiers qu'on exerçait. Ecrits en latin ou en allemand, ils sont la mémoire des siècles passés. Mais les calamités semblaient vouloir continuer à tout détruire dans notre région. Le froid intense des hivers couvrait de glace rivières et ruisseaux. Les vignes et les arbres fruitiers gelèrent. La population était terrifiée par tous ces malheurs et de nouveau des sorciers furent accusés de ces maux et brûlés sur le bûcher. Au début du XVIIème siècle de nombreuses maladies décimèrent la population, principalement la dysenterie, la diphtérie, la peste. A Hohenrodern, entre 1607 et 1678, les deux premières tuèrent cinquante et un enfants, 1a peste en 1627,1628,1634 et 1635 tua quarante deux personnes. Se profilaient alors à l'horizon les prémices de la Guerre de Trente Ans. Ce fut à la fois une lutte politique et une lutte religieuse qui se préparait. L'empereur du Saint Empire Germanique s'allia au roi d'Espagne et au duc de Lorraine. Les protestants étaient soutenus par les rois du Danemark et de la Suède.

La soldatesque, en se rendant en Bohême, passa dès 1619 par le col de Bussang, si bien que Thann et sa région durent fournir vivres et hébergement. Les impôts furent augmentés pour subvenir aux besoins de la guerre. En novembre 1621,1e comte Ernest von Mansfeld, allié de Frédéric V entra en Alsace avec ses troupes et ravagea la contrée. Sans argent pour payer la solde de ses mercenaires, il livra la région au pillage.

Ces bandes arrivèrent jusqu'à Uffholtz. Elles se retirèrent d'Alsace en juillet 1622. Les catholiques triomphaient et expulsaient un peu partout les protestants. Après une légère accalmie, en 1631, 1e roi Très Catholique Louis XIII prit fait et cause pour les protestants. Richelieu offrit un million de livres par an pour les aider dans leur campagne contre les catholiques. En 1632, les Suédois déferlèrent sur l'Alsace. Thann fut contrainte à se rendre. Ses bourgeois furent désarmés et la population rançonnée, de même que tous les villages qui en dépendaient. Les Suédois imposèrent leur joug.

Entre 1633 et 1635 la région connut une période confuse et troublée. Tantôt ce furent les Impériaux, tantôt les Suédois et tantôt les Français qui s'en rendirent maîtres. Les villages furent pillés, brûlés, les gens torturés, les récoltes détruites, la nourriture emportée par les soldats mercenaires. Notre village fut très touché par la Guerre de Trente Ans. Aux destructions s'ajoutaient la disette, la famine et les maladies.

Le registre de la Confrérie de St Sébastien mentionne "qu'à partir de 1636 et jusqu'en 1642 personne n'a été inscrit à cause de l'état pitoyable, de la pauvreté, de la famine, de la peste et des charges de la guerre".

Sur le registre paroissial figure la liste de tous ceux qui sont morts de la guerre et de ses conséquences, soit quatre vingt deux personnes en 1635 et vingt cinq en 1636. De 1630 à 1642 aucune terre n'est cultivée, la vigne n'est pas entre tenue. Les gens ont peur de s'éloigner du village. Le bétail n'est plus élevé car il est systématiquement volé par la soldatesque.

La guerre s'éloigna enfin vers 1640. Une paix relative s'installa, néanmoins souvent troublée par le passage de troupes amies ou ennemies.

En 1648, les traités de Wesphalie rétablirent la paix et garantirent aux protestants leurs possessions. Ce traité donne à la France les possessions des Habsbourg et leur titre de Landgrave de Basse et Haute Alsace. En contrepartie le roi de France devra payer en trois échéances la somme de trois millions de livres tournois à l'archiduc d'Autriche.

Thann et sa région et bien évidemment Hohenrodern passèrent aux mains du roi de France, Louis XIV.

1648-1870: L'ALSACE FRANCAISE

Lorsque l'Alsace devint française, le roi de France n'était qu'un enfant. C'est sa mère, Anne d'Autriche, qui détenait la régence. Elle avait pour premier ministre le cardinal de Mazarin. Par suite de la guerre la campagne était en friche. II fallait reconstruire les maisons et églises détruites. I1 n'y avait plus d'argent. Les populations étaient décimées. Les conditions de vie n'avaient pas changé, la pauvreté, l'insécurité restaient le lot de tous les jours.

Le gouvernement de la France bouscula les structures et réorganisa la société alsacienne. Il plaça à sa tête un intendant de justice, de police et des finances, une sorte de préfet.

En 1657, pour une justice plus saine et plus juste envers le petit peuple, fut créé le Conseil Souverain, tribunal de vingt quatre juges.

L'alsacien, l'allemand ne furent pas interdits. Les jugements étaient rendus en allemand, français ou latin. Les jugements en allemand seront transcrits en français et en latin.

En 1658, le cardinal de Mazarin reçut de Louis XIV, en récompense de ses bons et loyaux services le comté de Belfort et les seigneuries de Delle, Thann et Altkirch. L'année suivante, à la fin de la Guerre d'Espagne, s'ajoutèrent Ferrette et Issenheim. Voilà Mazarin "tant aimé de ses concitoyens" en possession de tout l'héritage des Habsbourg.
En gestionnaire avisé, Mazarin s'attaqua tout de suite à décompter ses biens, tant en hommes qu'en bétail et en revenus sonnants et trébuchants. Il fit donc établir par J.B. COLBERT, intendant, le premier recensement de la population de ses seigneuries.
C'est ainsi que nous apprenons qu'à Hohenrodern il y avait trente six foyers, soit trente cinq couples et une veuve. Le nombre d'enfants était plus important que celui des adultes. Sur la liste apparaissent cent douze enfants de moins de 20 ans et seulement trois de plus de 20 ans habitant encore avec leurs parents. La population s'élevait à environ deux cent personnes. La moyenne d'âge des couples était très élevée: 50 ans.

Les métiers sont mentionnés. Hohenrodern compte un maire, Bernard TSCHEILLER, un hôtelier, Dieboldt SIGUENAND, deux vignerons, SOLDNER et DIETRICH, un berger, Henry KERN, un tuilier, Yvan FERBER, un maçon, Claude MIMMERCH et un charpentier. Si l'on compare la situation à celle d'avant la guerre de Trente Ans où déjà un apport de population étrangère avait eu lieu, on peut estimer que le village a perdu environ huit cents personnes à la suite de départs ou de décès.

L'essor de la population se fit grâce aux édits de 1662,1682,1685 et 1687 qui favorisaient l'implantation de populations extérieures. I1 est à noter que les protestants s'installaient surtout en Basse Alsace et les catholiques en Haute Alsace.

L'IMMIGRATION

Les dates mentionnées sont celles des actes sur lesquels apparaissent pour la première fois ces gens au village.
1589 Jakob BANTHAUSS natif du Dingellstroff
1591 un homme natif de Blumberg (Florimont)
1593 Clauss GREMOD natif de Wisemont
1600 Anna KRAUSEIN native de Belbling (Wurtb)
1601 Kathe MEYER native de Zell am Untersee (Radolfzell)
------Elisabeth native de Galenblatt (Bourgogne)
1602 Barbara JATTERIN de Stauffen (Etueffont)
------Anna HILTEBRANDIN de Ach (Hegau)
1603 Agatha BINGLERIN native du Kaiserstuhl
1604 Barbara WEGEN native de Schimmany (Giromagny)
1606 Kathe BEIREIN native de Rotenberg (Rougemont)
------Barbara ESCHENEN native de Schamoui
1612 Anna HOMBERGERIN native de Winterung (Ventron)
------Barbara WISSLÖKHIN native de Herzogenbuchsee
------Mathias MERKHELL, forgeron, natif de Welschspillisch (Trèves)
------Klara REICHARTTEIN native de "Beltzbring en Lotharingia ad oppidum Rummelsperg" ------(Remiremont)
1613 Joh. SPETH natif de Ohnenstetten (Brisgau)
------Anna Maria RIERSCHEIN native de "Schecka" (Brisgau)
------Anna DERGBERGRIN de Biberach
1614 Claudia FOGIN native de Etueffont le Bas
1615 Geng BECHTELER, natif de Thieffenbach (Allgaü)
------Rud. HEPPERLIN natif de "Anttlangen am See" (lac de Constance)

Les terres abandonnées étaient réparties gratuitement. Une exonération des charges durant dix ans était accordée aux nouveaux propriétaires. Le bois de chauffage et de construction était obtenu sans contrepartie. Ces mesures attirèrent rapidement des Suisses de Berne, Lucerne et Bâle, des Allemands du Brisgau, de Bavière et du Tyrol, des Franc-comtois, des Savoyards, des Picards et des Lorrains.

Les nouveaux venus apportaient leur savoir-faire et des connaissances nouvelles. Des métiers apparaissaient, d'autres évoluaient. Les métiers du bâtiment: maçons, tailleurs de pierres, charpentiers, menuisiers; de l'habillement: tisserands, cordonniers, etc; les verriers, les charbonniers, les vachers et les laitiers furent autant de main d'oeuvre précieuse dont les campagnes dépeuplées avaient besoin.

Peu à peu les villages se reconstruisaient. Les conditions de vie s'amélioraient sans qu'on puisse cependant parler d'aisance. Les soins d'hygiène étaient quasiment nuls et la mortalité infantile toujours aussi importante. Il n'y a qu'à consulter les registres paroissiaux et comparer les naissances et les décès. Les enfants morts en bas âge et les femmes mortes en couches ne manquent pas.

La vie restait très dure. Les paysans, jusqu'à la Révolution ne possédaient souvent que la moitié des terres qu'ils cultivaient. Le restant appartenait au clergé et aux nobles. Ceux-ci les perdaient progressivement au profit des bourgeois. Les revenus liés à la terre ne rentraient pas assez pour entretenir le propriétaire, aussi, souvent couverts de dettes, les nobles étaient obligés de vendre leur patrimoine.

La paysannerie était organisée en 4 classes:
- les laboureurs qui possédaient de la terre et un attelage de boeufs ou de chevaux;
- les fermiers: non propriétaires, ils payaient un loyer en argent;
- les métayers: non propriétaires, ils payaient des redevances en nature;
- les brassiers ou journaliers (manouvriers) qui louaient leurs services pour effectuer les travaux de la terre. Ceux-ci sont à la merci de toute innovation et craignent sans cesse de perdre leur emploi.
Hohenrodern était un village essentiellement agricole.

On y trouvait en 1659 neuf propriétaires et seize manouvriers. On cultivait la vignes ur les coteaux bien exposés.

Le recensement des biens de 1698 donne un aperçu de l'évolution de la population en trente neuf ans. En 1698 nous trouvons quarante neuf feux à Hohenrodern. On peut difficilement estimer la population totale, car le nombre d'enfants n'est pas inscrit. Mais ces quarante neuf foyers comptent sept veufs. I1 y avait donc environ quatre vingt dix adultes, soit vingt de plus qu'en 1659.
Les métiers changent. Il n'y a plus que six laboureurs, donc six propriétaires de terres, mais trente six vignerons, ce qui indique l'importance de la vigne à Hohenrodern.

I1 apparaît aussi que le village élevait un important cheptel, car une centaine de bêtes à cornes figurent au recensement, en vaches et boeufs, ainsi que des chevaux.
Et Hohenrodern poursuivait son chemin à l'ombre de la tumultueuse Thann. La vie s'écoulait au rythme des saisons, des événements religieux et familiaux.

En 1667, le village a été rattaché au doyenné de Masevaux pour le spirituel. En 1716 une chapelle fut construite sur l'emplacement d'une statue de la Vierge élevée en 1650 au lieu-dit "Rain". L'autorisation fut donnée par l'évêque de Bâle, le prince de Reinach. Les villageois espéraient ainsi être protégés par la Vierge qui veillait maintenant sur leurs cultures.
Dès 1746, la chapelle devint lieu de pèlerinage en remplacement de celui de Gildwiller. Le motif invoqué fut que ce dernier village se situait à plusieurs heures de marche. Les personnes âgées ne pouvaient pas s'y rendre et, à l'occasion de ces déplacements, les travaux journaliers étaient perturbés.

On vivait en paix. Néanmoins, au fil des ans, le mécontentement et la grogne montèrent dans le petit peuple, en particulier celui des campagnes qui travaillait dur pour nourrir les habitants des villes. L'augmentation de la population due à l'immigration ajoutait un besoin de plus en plus important de récoltes. Mais les récoltes restèrent trop fluctuantes pour répondre aux besoins.Les années de mauvaises récoltes provoquèrent des flambées de prix. Les produits alimentaires de base atteignirent des coûts excessifs.
Les forêts étaient mal gérées, mal exploitées, de sorte que les coupes furent faites en dépit du bon sens. Il y eut pénurie de bois et là aussi les prix flambèrent. En 1745, l'Intendance d'Alsace créa une administration pour la gestion des forêts. Ce qui lui mit à dos les municipalités qui, elles, perdirent leurs ressources forestières.
En 1759, les bans communaux seront délimités par des bornes. 1770 et 1771 furent deux années de disette. Le fossé entre les gens des villes et des campagnes se creusait de plus en plus.
En 1787 se créa à Thann la première usine, une fabrique d'indiennes fondée par Pierre DOLLFUS et Nicolas RISSLER. La main d'oeuvre était recrutée en partie dans les villages voisins. Le manouvrier va faire place à l'ouvrier.

En 1788, pour la première fois furent organisées des élections municipales. Des hommes nouveaux devaient participer à la gestion de leur commune. Mais la France était au bord de la faillite. La monnaie ne circulait plus. Le peuple était mécontent. Il en avait assez des servitudes et corvées, assez de ne pas manger à sa faim, assez d'enrichir les privilégiés, nobles, bourgeois et clergé. Peu à peu on s'achemina vers la Révolution.

LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

Louis XVI fut obligé d'organiser des Etats Généraux. I1 n'y en avait plus eu depuis 1614. Cette assemblée prévue pour 1789 devait remédier au vieillissement des institutions et à l'état déplorable des finances du royaume. Le roi demanda donc la rédaction de cahiers de doléances émanant des provinces françaises. Dès 1788, les communes d'Alsace rédigèrent leurs cahiers de doléances. Ceux de Roderen n'existent plus. Ils ont disparu dans la tourmente. Mais sans doute reflétaient-ils les mêmes demandes que les autres: suppression des corvées, liberté de commerce, autonomie administrative, liberté de culte, diminution des imp6ts, égalité de tous devant ces impôts, etc.

Les nouvelles concernant les Etats Généraux à Paris arrivaient avec retard dans les campagnes. La prise de la Bastille le 14 Juillet et le sac de l'hôtel de ville de Strasbourg ne seront connus ici que le 21 juillet.
Immédiatement dans les vallées de Masevaux, St-Amarin et Guebwiller, les paysans se regroupèrent en bandes. Ils attaquèrent, châteaux, couvents, abbayes et demeures qu'ils pillèrent et brûlèrent.
Le 27 juillet, le peuple se regroupa à Thann devant l'hôtel de ville et demanda des comptes. Les maisons de quelques hauts responsables furent mises à sac et les habitants molestés.
Dans la nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges par l'Assemblée rendait désormais tous les citoyens égaux. Le 26 août, la Déclaration des Droits de l'Homme fut proclamée. Dix articles garantiront la liberté de culte et de conscience et aboliront tous les droits féodaux.
Dans les mois qui suivirent, la colère des hommes s'en prit à l'Eglise, cette Eglise qui fut chargée de tous les maux. Les édifices religieux et couvents furent pillés, la chapelle de Roderen fut profanée. Il fallait construire un avenir nouveau. Manquant de moyens financiers, l'Etat se tourna vers les richesses de l'Eglise. Le 2 novembre, l'Assemblée Nationale décréta que "les biens de l'Eglise, fondés par la Nation, sont à la disposition de la Nation en temps de besoin", à charge pour l'Etat de couvrir les frais de culte et de laisser à chaque paroisse, en dehors du presbytère et du jardin, un revenu. Les objets précieux en or ou en argent, parfois même les cloches seront récupérés.
En avril 1790, les biens de l'Eglise furent nationalisés. Les municipalités pouvaient, à leur convenance, les vendre aux enchères. Le presbytère de Roderen échappa à la vente, la municipalité ayant décidé de le garder pour en faire une école.
Le clergé, devenu clergé d'Etat, sera élu et devra prêter serment d'obéissance à la Constitution. Bientôt le clergé se scindera; d'un c6té, les réfractaires, c'est à dire ceux qui avaient refusé de prêter le serment demandé, et qui furent pourchassés par les révolutionnaires, mais largement soutenus par les populations campagnardes, de l'autre, le clergé constitutionnel composé des prêtres assermentés.
Les prêtres réfractaires exerçaient leur ministère dans l'illégalité. Les registres paroissiaux furent à nouveau peu ou pas tenus. Dès 1792, les registres civils, tenus par les maires, remplaceront les registres paroissiaux comme documents officiels.
Jusqu'en 1792, les Alsaciens se soumirent volontiers au nouveau régime. En dehors de l'épineuse question religieuse et des mesures anticléricales qui indignaient la foi profonde alsacienne, la Constituante apportait de complets et bénéfiques changements.

L'Alsace avait été divisée en deux départements, le Haut-Rhin, chef lieu Colmar et le Bas-Rhin, chef lieu Strasbourg. Thann et sa région fait partie du district de Belfort. Le Conseil Souverain fut supprimé.
Les corporations qui, dans les villes, détenaient un grand pouvoir furent abolies. Les paysans virent disparaître les charges et les corvées qu'ils devaient à leur seigneur. Enfin, les religions minoritaires juives et protestantes, jouissaient maintenant des mêmes droits que les catholiques.
En avril 1792, les choses se gâtèrent. Une loi de déportation fut votée à l'encontre des prêtres réfractaires suscitant des persécutions et l'émigration de nombreuses personnes.
Le 3 mai, on apprit ici la déclaration de la guerre à l'empereur d'Autriche. La France fut envahie, la Patrie déclarée en danger et de partout les volontaires accoururent pour la défendre. Cette guerre fut de nouveau source de réquisitions en hommes, en matériel et en vivres. Au lendemain de la victoire de Valmy remportée par une armée de volontaires commandés par les généraux DUMOURIEZ et l'Alsacien KELLERMANN, la République fut proclamée (22 septembre 1792).
L'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793 provoqua la guerre.
La plupart des pays d'Europe se liguèrent contre la jeune république. La Vendée et la Bretagne se soulevèrent. La France fut envahie de tous les côtés. Robespierre et son Comité du Salut Public obtinrent les pleins pouvoirs. Ce fut le début de la Terreur.

1793-1794, DES ANNEES TERRIBLES

La Terreur se caractérisait par la peur, l'insécurité, l'intolérance. Pas une classe de la société ne fut à l'abri de la guillotine. Les Sociétés Populaires, il y en avait une à Thann, établissaient des listes de suspects qui furent arrêtés, emprisonnés, jugés en vingt-quatre heures, déportés ou envoyés à la guillotine. N'importe qui pouvait être suspect; il suffisait d'une parole maladroite ou mal interprétée et la machine se mettait en marche. D'autre part, le culte de l'Etre Suprême remplaça les religions traditionnelles. Cela conduisit à la persécution accrue des prêtres réfractaires, des chrétiens fidèles à leur religion, mais aussi des juifs.
Une crise économique sévissait. Les assignats, le papier monnaie, étaient difficilement acceptés par les paysans méfiants. Dans notre région, FOURCADE, agent national et militant au sein de la Société Populaire, détesté et craint de tous, semait le trouble parmi la population.

Comment notre village vécut-il cette période révolutionnaire ?

On connaît d'abord la persécution villageoise à l'égard du curé Ignace LOTHRINGER, frère de François Joseph LOTHRINGER, ami et confesseur de GOBEL. GOBEL, évêque constitutionnel de Paris, né à Thann en 1727, fils du procureur fiscal du comté et de la ville de Thann, fut nommé député aux Etats Généraux. Son ambition et sa participation politique ainsi que ses choix l'amèneront quelques années plus tard à l'échafaud. Bien que rapidement séparé de GOBEL par des divergences d'opinion, François Joseph LOTHRINGER, n'en demeura pas moins son ami. Resté à Paris, François Joseph confessa les prisonniers destinés à la guillotine. I1 y conduira plusieurs illustres personnages, entre autres le duc d'Orléans, Philippe EGALITE. C'est à cause des actes de son frère que Ignace, notre curé, assermenté depuis 1791 fut mis au ban de la société villageoise et maltraité. Il semble cependant qu'il continua à exercer son ministère, car certains actes attestent de sa présence. Par ailleurs, après la Révolution, dès 1804, il continua son travail de prêtre de la paroisse. I1 mourut à Roderen en 1837.
D'autres documents indiquent que le village fut touché par l'émigration ou la déportation puisque quatorze personnes seront déclarées émigrées ou arrêtées:
BENTZ Georges: ermite, anêté le 3/06/1793 - appelé également Jean - amnistié le 18 germinal an XI (8/04/1803).
BLUM Catherine, ECK Barbe, ERNST Simon, GUENTZ Catherine: arrêtés pour s'être rendus en pèlerinage à Notre Dame de la Pierre le 9 messidor an III (27/06/1795).
FALLECKER Jean: émigré, arrêté, condamné à la déportation par jugement de la cour de justice criminelle du Haut Rhin le 11 vent6se an VII (11/03/1797). Transféré au fort de Pierre de Châtel (Ain) où il y mourut le 31/OS/1809.;
LIETHARD J. Baptiste ARBOGAST, curé, né en 1762, porté sur la liste des émigrés le 5 juin et 27 août 1793. Rentré en 1802.
METZGER Joseph, né le 15/OS/1757, soldat déserteur déclaré émigré.
NAEGELEN Sébastien, jardinier, émigré, rentré après l'expiration du délai fixé par la loi du 22 nivôse an III. Il fut arrêté le 18 floréal.
SCHAEFFER François: jardinier en service à l'étranger depuis 1788 - émigré - amnistié le 11 germinal an XI.
SCHAEFFER Jean: né à Roderen, curé de Lutzenbourg, déporté volontaire en 1792. I1 devint au Concordat curé à Hoerth où il mourut en 1807.
SCHAEFFER J. Georges né le 18/11/1765, déporté volontaire en 1792.
WITZ Elisabeth: servante-émigrée.

La Terreur prit fin avec la mort sur l'échafaud de Robespierre le 28 juillet 1794. Malgré toutes les atrocités qu'elle a engendrées, la Terreur força les Français à l'obéissance et permit au gouvernement de faire le nécessaire pour arrêter l'ennemi.

En 1796, la guerre s'intensifia. Les Autrichiens s'emparèrent de Kehl et de Huningue. La guerre se rapprocha. Mais au printemps de 1797 Bonaparte imposa un armistice à l'Autriche. La menace s'éloignait. Un nouvel espoir naquit en la personne de Napoléon Bonaparte. Ce Corse, né le 15 août 1769, grâce à une carrière militaire fulgurante et victorieuse, devint le chef de la France en qualité de Premier Consul le 9 novembre 1799.

1799-1815: LA PERIODE NAPOLEONNIENNE

La population alsacienne appréciait Napoléon et lui resta longtemps fidèle. Elle lui fournira des militaires dévoués; de nombreux généraux sortiront de ses rangs: KLEBER, KELLERMANN, LEFEBVRE, RAPP. La réorganisation administrative, le Concordat avec le pape, la publication du Code Civil et beaucoup d'autres réalisations rendirent Napoléon populaire. Mais ses guerres incessantes finiront par lasser les Français. Une dernière fois en 1812, l'empereur rassemblera une grande armée pour attaquer la Russie. Beaucoup d'Alsaciens furent volontaires et signèrent un engagement disant: "qu'ils sont libres de se retirer en cas de gelures aux pieds". Quelques jeunes de Roderen aussi partirent avec la Grande Armée, notamment un Pierre TSCHIRHART et un Jean Thiébaut SPETZ.
Mais il y eut la retraite de Russie et l'armée prussienne vint occuper la région de Thann. Les passages incessants de troupes causèrent une grande disette en Alsace.
En 1816, le 16 septembre, le duc de Wellington, le vainqueur de Waterloo, cantonna à Thann, Ses troupes étaient stationnées dans les villages avoisinants, donc aussi à Roderen.
A la suite de toute cette période de guerres, le malheur s'abattit une fois de plus sur la région. A l'occupation des troupes, à la cherté de la vie, aux difficultés d'approvisionnement s'ajoutèrent trois années de mauvaises récoltes. Pour beaucoup de jeunes les perspectives d'avenir étaient nulles Aussi, dès ce moment-là, un mouvement important d'émigration vers l'Amérique va-t-il se développer en ce début du XIXème siècle. Il s'amplifiera surtout vers le milieu du siècle. A Roderen aussi de nombreux jeunes iront tenter leur chance de l'autre c6té de l'océan. Nous donnons ci-dessous la liste des noms qui ont pu être relevés dans les documents officiels.

1802 Philippe LEHMANN, 20 ans, charpentier, New York
1830 Jean-Thiébault SPETZ, sa femme et leurs 5 enfants, CANADA
1839 François Xavier KREYER (DREYER ?), 35 ans, tailleurs d'habits; Nouvelle Orléans
1847 Joseph HESS, 22 ans, boulanger, Baltimore
Joseph KIEFFER, 33 ans, journalier, Baltimore
TSCHIRHART, 28 ans, journalier, Ba1timore
1849 François EHRET, 29 ans, journalier, parti pour New York domicilié à Bourbach le Bas
1852 Jacques SCHUFFENECKER, 39 ans, cultivateur, sa femme et ses 5 enfants, New York
1853 Jean Mathias HUEBER,19 ans, vigneron, New York
1853 Jean Mathias KUBLER,28 ans, vigneron, New York
1856 Jean FRANTZ, 23 ans, tourneur sur fer, parti pour New York
Jean-Thiébault GRUNEWALDT, 37 ans, journalier, Buenos Aires en compagnie de sa femme, 34 ans
Thiébault HUEBER, 35 ans, contremaître de filature, en compagnie de sa femme, 32 ans
1860 Joseph DANTZER, 24 ans, cultivateur parti pour New York
Grégoire FABIAN, 23 ans, cultivateur, parti pour New York
Georges HESS, 24 ans, vigneron, parti pour New York
François Antoine KIPPELEN, 33 ans, meunier, New York
1861 Sébastien IMBERY 19 ans, vigneron, parti pour New York
Madeleine IMBERY 27 ans, cultivatrice, New York
Louis SCHNEIDER, 21 ans, journalier, New York
1862 André FABIAN, 18 ans, journalier, parti pour Elmira
Joséphine SCHNEBELEN, 25 ans, journalière, New York
Philippe TSCHAN, 23 ans, New York
Elisabeth WOLF, 22 ans, journalière, New York
Jacques TSCHAN, 21 ans, journalier, New York
1862 Jean SCHNEIDER, vigneron et sa femme Anne Marie 46 ans et ses enfants: Thérèse 17 ans, Louise 16 ans, Aloyse 14 ans, Rosalie 10 ans et Didier 7 ans
1863 Jean Thiébault SCHNEBELEN, 21 ans, menuisier, Colombas Texas, en compagnie de sa femme née HEISSLER, 23 ans, et sa fille Marie 3 mois
1864 Thiébaut KIENY, 25 ans, tailleur de limes, Rochester
1881 Justine HESS, 21 ans, cultivatrice, New York
Cette liste est tirée des demandes de passeports pour l'intérieur ou pour l'étranger. Certains sont partis définitivement, d'autres sont revenus.
La majeure partie des émigrants partaient en fraude avec seulement un passeport pour l'intérieur permettant uniquement de se déplacer en France. C'est pour cela que cette liste est loin d'être complète.

1815-1870

Ce XIXème siècle allait être le siècle des grandes inventions techniques et de la révolution industrielle. Très rapidement de nombreuses usines s'édifièrent, employant une nombreuse main d'oeuvre. Dès 1839, une ligne de chemin de fer, une des toutes premières en France, relia Mulhouse à Thann. En 1826, note J. BAUMANN dans son Histoire de Thann, Thann compte 4 filatures, 3 tissages, 3 fabriques de toiles peintes, 1 fabrique de produits chimiques, 2 ou 3 ateliers de constructions mécaniques. Tous les établissements textiles font appel au travail à domicile dans les villages proches. Louis BINDSCHEDLER occupe à lui seul plus de 300 tisserands dans les environs de Thann.
Si les conditions de vie restèrent précaires, un salaire régulier, même modeste permit à de nombreux habitants d'améliorer leur niveau de vie. Mais pour cette nouvelle main d'oeuvre les journées étaient longues; on travaillait douze heures par jour. A cela s'ajoutait le trajet à pied de Roderen au lieu de travail. Les travailleurs à domicile n'étaient guère mieux lotis, car leur travail était mal rémunéré et pour s'en sortir, le plus souvent, même les enfants devaient se mettre à la tâche. Aussi l'école ne sera-t-elle fréquentée qu'irrégulièrement à cette époque là. Les enfants ne s'y rendront que pendant les quelques mois d'hiver, et encore, pas tous. Dès 1826, la municipalité se préoccupa de la création d'une école communale, car jusque là le maître enseignait dans sa propre maison. Le projet cependant ne se réalisera qn en 1837.
La Seconde République en 1848 va créer un immense espoir parmi la population. L'élection de Louis Napoléon Bonaparte comme président de la République sera largement approuvée par le suffrage universel. Le 2 décembre 1852, la proclamation de l'Empire ne verra que peu d'opposants et beaucoup de communes envoyèrent des messages de félicitations et de soutien à Napoléon III.
"L'Empire, c'est la paix" avait déclaré Napoléon en 1852 à Bordeaux. Cependant quatre guerres ruineront le pays en moins de vingt ans: la guerre de Crimée, la guerre d'Italie, la guerre du Mexique et pour terminer la désastreuse guerre contre la Prusse en 1870, guerre qui aura d'énormes conséquences pour notre région puisque l'Alsace et une partie de la Lorraine seront annexées à l'Allemagne.

1870-1914

L'armistice est signé le 28 janvier 1871 et ratifié le 2 mars 1871. Il s'agira pour les Alsaciens et Lorrains d'opter soit pour la nationalité allemande et, dans ce cas, ils pourront rester au pays, soit de garder la nationalité française et quitter l'Alsace pour la France. Beaucoup d'Alsaciens opteront pour la France et quitteront la région pour s'installer, les uns dans les départements limitrophes, d'autres en Algérie ou même en Amérique.
Dès août 1870 les Allemands commencent à installer leur administration. Le 2 février 1871, les cantons de Thann, Cernay, Saint Amarin et Masevaux seront réunis en une seule unité avec Thann comme chef-lieu. Des fonctionnaires arrivent d'Outre-Rhin pour administrer le pays. La seule langue enseignée à l'école sera l'allemand; les jeunes gens seront appelés à faire leur service militaire dans l'armée allemande.
Vers 1884 les Allemands instaurent un système de couverture sociale et de congés de maternité qui aide les plus démunis devant la maladie et la misère.
Thann devient un centre plus important avec de nombreuses industries qui emploient beaucoup d'ouvriers de la région. Dans les usines naissent les premiers syndicats ouvriers à partir de 1888. Le Code du Travail et des Professions est introduit en Alsace.
Avec les syndicats apparaissent les premières améliorations desconditions de travail et des salaires. Dans les prud'hommes siègent les représentants des ouvriers.
Le monde paysan des campagnes est confronté à une crise importante. Venu d'Allemagne le mouvement Raiffeisen commence à faire des adeptes convaincus dès les années 1880. A Roderen le "Darlehnskassenverein" est fondé en 1892.
Des sociétés sportives ou culturelles se développent un peu partout. Le dimanche est devenu jour de repos obligatoire. La chorale de Roderen est fondée aux alentours de 1892 et en 1903 une première société de gymnastique est créée.
La vie dans le village s'améliore progressivement. On travaille toujours autant, mais les loisirs viendront rompre la monotonie des jours.
A cette époque Roderen compte 312 hectares de champs, 240 hectares de prés, 34 hectares de vignes et 91 hectares de forêts.
Mais unc nouvelle guerre se profile à l'horizon. Après l'assassinat de Sarajevo,1'empire allemand est sur le pied de guerre. La France rêve d'une revanche et d'une reconquête de l'Alsace. Le 3 août 1914 l'Allemagne déclare la guerre à la France.

RODEREN: VILLAGE DE FRONT

Dès le 7 août, les troupes françaises pénètrent en Alsace. Elles avanceront jusqu'à Mulhouse, qu'elles devront cependant évacuer. Les vallées de Masevaux et de Saint-Amarin et les villes de Dannemarie et Thann resteront occupées par les troupes françaises. A la suite de la contre-offensive allemande, en août 1914, les troupes françaises revenant de Mulhouse, passant par Roderen, sans doute pour rejoindre Masevaux, arrêtèrent le maire, l'instituteur et le curé. Ils les emmenèrent à Belfort en otages. Mais ils furent rapidement relâchés.
Durant toute la guerre de 1914-1918, Roderen resta village de front. Des unités françaises y cantonnèrent régulièrement, au repos après les durs moments dans les tranchées des premières lignes.
Des canons furent installés aux abords du village; on parle des 420 qui tiraient jusqu'au Hartmannswillerkopf. Un canon dissimulé près de la chapelle détruisit par erreur le clocher de l'église de Cernay. Pour les habitants de Roderen, ces quatre ans de guerre, malgré tous les malheurs, les bombardements, les morts, furent l'occasion de découvertes de produits nouveaux comme le chocolat qui était quasiment inconnu. Comme les militaires au repos préféraient la nourriture préparée par les femmes du village à la "roulante", des échanges de recettes permirent aux habitants de faire connaissance avec les mets d'autres régions et aux soldats de goûter les plats traditionnels alsaciens. Les femmes feront la lessive des combattants au repos. Elles recevront le plus souvent en guise de salaire des vêtements qu'elle retailleront pour les enfants ou des denrées alimentaires.

Le village subira de très nombreux bombardements et un grand nombre de maisons seront sinistrées. De nombreuses victimes civiles seront à déplorer.
En 1915/16, les enfants eurent également à payer le prix du sang. Au cours d'un jeu un jeune LEHMANN sera tué par une balle. Pendant toute la durée de la guerre l'enseignement du français sera assuré par des instituteurs militaires.
Dès 1914 tous les jeunes gens susceptibles d'être enrôlés dans l'armée allemande en cas de contre-attaque sur les régions déjà occupées par l'armée française seront évacués dans la région lyonnaise et en Ardèche. Ils auront ainsi l'occasion de se familiariser avec la langue française et pour certains d'apprendre un métier. Plusieurs de ces jeunes s'engageront par la suite dans l'armée française et combattront aux côtés des poilus. Ces jeunes, officiellement de nationalité allemande ne pouvaient pas être enrôlés régulièrement dans l'armée française. Par précaution on francisait leurs noms et certains combattirent en première ligne devant Verdun et au Chemin des Dames. Quel dilemme pour eux qui risquaient de se trouver en face d'un frère, d'un parent ou d'un ami combattant du côté allemand.

L'armistice du 11 novembre 1918 mit fin à cette tuerie. I 315 000 soldats laissèrent leur jeune vie morts soit sur les champs de bataille, soit des suites de leurs blessures ou par dcs maladies contractées dans les tranchées.

D'UNE GUERRE A L'AUTRE

L'Alsace a retrouvé sa mère patrie. Les familles allemandes, pour la plupart des fonctionnaires du Reich, doivent quitter la région avec 40 kg de bagages.
A nouveau il faut reconstruire partout où la guerre a fait des ravages. Des villages entiers comme Uffholtz, Steinbach, Aspach ne sont que ruines. A Roderen, les photos de l'époque témoignent des dégâts subis par les habitants et les édifices publics.
Une autre difficulté mettra beaucoup d'Alsaciens mal à l'aise. C'est le problème de la langue. Les fonctionnaires alsaciens ne connaissaient que l'allemand. Les instituteurs avaient des difficultés pour enseigner le français. A Roderen, comme ailleurs, on ouvrit des cours du soir pour les adultes. Sur les bancs les jeunes de 14-15 ans côtoyaient les parents qui désiraient s'initier à la langue de Molière.
Autre problème épineux: la législation allemande dans le domaine social surtout était plus favorable que la législation française. I1 fallut se battre longtemps pour permettre à l'Alsace de conserver un statut social spécial et des lois spécifiques concernant l'enseignement et le culte.

Entre 1922 et 1930 une période de prospérité économique favorisera la région et profitera à toute la population. Le conseil municipal dès 1921, va lutter pour obtenir la création d'une liaison ferroviaire passant par Roderen. Cette liaison devait relier Belfort à Colmar en passant par Sentheim, Guewenheim, Roderen, Thann, Cernay, Uffholtz et Guebwiller. En 1924, le projet aboutit en partie. Une ligne de chemin de fer conduira de Belfort à Rougemont. Une ligne d'autobus mènera de Rougemont à Thann en passant par Roderen. La commune votera une subvention de 500 F par an pendant 10 ans à la société concessionnaire.

La crise de 1929 frappe le village plus tardivement. Elle provoque en 1931 des fermetures d'usines et un important chômage.

En 1935 à Roderen, débute l'installation des conduites d'eau. Le travail ne sera terminé qu'en 1938 et coûtera I 090 000 F.

Lorsqu'en 1936 les premiers congés payés et la semaine de quarante heures profiteront aux ouvriers, on ne verra pas dans les campagnes beaucoup de changements. Chacun profitera de ces nouveaux loisirs pour soigner son lopin de terre, pour arranger sa maison, etc. Peu de gens de Roderen partiront en vacances.

Mais déjà se pointe à l'horizon le spectre d'une nouvelle guerre. Après l'invasion de la Pologne par Hitler, l'Angleterre et la France déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.

Laissons à un groupe d'anciens qui ont douloureusement vécu cette période le soin de nous rappeler les drames de notre région entre 1940 et 1945.

"Le 2 septembre 1939 la mobilisation générale a appelé l'ensemble des classes sous les drapeaux. La débâcle de juin 1940 a malheureusement scellé le destin de notre patrie et tout particulièrement celui des Alsaciens-Lorrains. L'occupant dictait ses conditions au vaincu et s'octroyait tous les droits dans nos deux provinces, en dépit de toutes les lois internationales en vigueur à la Cour de La Haye. Dès octobre 1941, les autorités allemandes imposaient aux jeunes classes le Service de Travail Obligatoire (RAD-Reichsarbeitsdienst). Par décret signé le 25 août 1942 aux Trois Epis, le Gauleiter Wagner ordonnait l'incorporation des classes 1922-23-24 dans la Wehrmacht. Cette décision unilatérale et contraire aux lois internationales a suscité une énorme vague de protestation, en vain d'ailleurs. Pour prévenir les évasions, l'occupant a pris soin de boucler par un important service d'ordre les anciennes frontières d'avant 1914 longeant la Suisse et la "vieille France".

Les premiers départs pour cette incorporation forcée ont donné lieu à des déchirements douloureux, ceci d'autant plus qu'on craignait que ces jeunes recrues ne soient envoyées au front russe où l'armée allemande avait subi de gros revers (Stalingrad). Les craintes s'avérèrent justifiées.

Pour éviter de porter l'uniforme abhorré et pour ne pas subir cette terrible emprise nazie, tous les moyens furent mis en oeuvre, mais tous n'ont pas été couronnés de succès. Malheur à ceux qui tombèrent dans les mailles du filet de la Gestapo: le conseil de guerre et les camps de concentration étaient là pour eux, quand ce n'était pas de suite le peloton d'exécution comme pour les jeunes de Ballersdorf.

En février 1943, ce fut l'incorporation des classes 1914 à 1919, classes qui, avant 1940 avaient déjà servi dans l'armée française.

Comme ils avaient déjà prêté serment au drapeau français, ils pensaient pouvoir se soustraire à l'enrôlement et refusèrent de se faire inscrire à la conscription. Hélas, les autorités nazies en décidèrent autrement. Les camions verts de la sinistre Gestapo sillonnèrent les rues du village. A la maison, aux champs, aux bureaux, à l'usine, vingt-neuf citoyens de la commune furent ainsi ramassés sans ménagement et conduits directement au camp de Schirmeck. Après quelques semaines d'internement avec brimades et privations, ils durent passer d'office le conseil de révision et rejoindre leurs unités d'affection en majeure partie disciplinaire. Versés sur le front russe, plus de la moitié de ces jeunes laissèrent leur vie pour la mauvaise cause.

En fin de compte, à Roderen, vingt classes furent mobilisées, allant de 1908 à 1927. Pour l'ensemble de ces enrôlés de force, l'essentiel était de profiter de toutes les occasions pour déserter et se rendre aux Russes. Ce qui leur réussissaient souvent au mépris de tous les risques que cela comportait. Par centaines, ils se retrouvèrent dans des camps où la dureté des surveillants russes, la rigueur du climat et les privations de tous ordres les décimèrent une nouvelle fois.

Les geôliers russes ne pouvaient pas comprendre que des Français puissent se trouver sous des uniformes allemands.Après des mois de négociations entre la France et la Russie, mille cinq cent Alsaciens-Lorrains seulement furent libérés du triste camp de Tambow pour rejoindre l'armée française en Algérie.

Après quelques semaines de convalescence et d'instruction militaire, un contingent d'entre eux s'est porté volontaire pour rejoindre la Première Armée Française du général De Lattre de Tassigny. Engagés dans les combats de la libération de l'Alsace en janvier-février 1945 (Cernay-Colmar), ils subirent une fois encore des pertes.

Un assez grand nombre d'Alsaciens-Lorrains incorporés dans des unités allemandes affectées à d'autres fronts, face aux Alliés en Italie et en Afrique du Nord désertèrent avec plus de chance. D'autres s'évadèrent, d'autres encore ne rejoignirent plus leur unité à la suite d'une permission. Tous risquaient de mettre en péril tout leur entourage familial en cas de dénonciation. Un décret spécial du Gauleiter Wagner nommait cet acte Sippenhaftung, "responsabilité collective du clan".

Au fur et à mesure de l'avance des troupes alliées, le mot "libération" prenait plus de valeur et enfin, le 8 mai 1945 fut pour tous un énorme soulagement. Mais hélas, pour beaucoup de familles, celles qui depuis des mois étaient sans nouvelles d'un fils ou d'un frère, l'angoisse devenait de plus en plus forte. Malheureusement pour beaucoup l'attente resta vaine. Au fur et à mesure que les uns rentraient au foyer, l'espoir de retrouvailles s'amenuisait pour d'autres.

Les noms inscrits au monument aux morts reconstruit et réinauguré en 1946 témoignent du sacrifice de tant de jeunes pour une cause qui n'était pas la leur.

DECEMBRE 1944: LA LIBERATION

Le 21 novembre 1944, les troupes françaises entrent à Mulhouse; le 26 novembre Masevaux est libéré. Des chars allemands traversent Roderen, remontant la route de Bourbach pour prendre position près de la croix du Signal. Les premiers jours de décembre, les premiers obus français tombent dans les champs du Langkehi: Ce sont des tirs de repérage. La progression française dans la vallée de Saint-Amarin s'accentue.

Le 7 décembre, à 7 heures du matin, l'offensive pour libérer Thann est déclenchée. Par le col du Hundsruck, Bitschwiller est atteint. Le 3ème régiment de Spahis Marocains libère Rammersmatt ce même 7 décembre. Les combats font rage entre chars français et chars allemands. Sur les hauteurs entre Roderen et Bourbach le Bas comme à Rammersmatt de nombreuses carcasses de Sherman et de Panther témoigneront de l'âpreté des combats. Le monument élevé au carrefour de Michelbach sur la route de Guewenheim rappelle le sacrifice d'un grand nombre de jeunes volontaires du ler régiment des Volontaires de l'Yonne.

Le 10 décembre, dans la matinée, les derniers nids de mitrailleuses allemandes situées près de la salle de gymnastique et à l'entrée du village près de la ferme Meyer, se retirent et les premiers groupes de soldats français entrent à Roderen. Comme les Allemands ont évacué le village dans la nuit, Roderen ne subira aucun bombardement à ce moment-là.

Pendant plus de deux mois le front va s'établir sur une ligne s'étendant de l'usine de Produits Chimiques à Thann à la Thur au sud de Cernay et à la forêt de Nonnenbruch.

Le 20 janvier 1945 une importante offensive est déclenchée. Son but: libérer Cernay. Au petit matin, les cinq batteries de canons de 105 installées dans les vergers au pied du Haulaberg et du Muhlberg réveillent en sursaut les habitants du village. Pendant plusieurs heures des centaines d'obus sont envoyés sur les premières lignes allemandes à Cernay et au Nonnenbruch. Malheureusement cette nuit-là la neige est tombée en abondance, les soldats se déplacent dans trente centimètres de neige. Seule la forêt du Nonnenbruch sera occupée. Les Allemands tiennent toujours Cemay. Les troupes rentrent fourbues et découragées dans leurs quartiers de repos. Les pertes sont importantes.

Le 29 janvier seulement Vieux-Thann, abandonné depuis un mois par ses habitants, est libéré. Le 4 février enfin la Wehrmacht battra en retraite et Cernay sera pris de même que Colmar. L'armée allemande quitte définitivement le sol français.

1945-1991

Une grande liesse salue l'armistice du 8 mai 1945. Mais pour beaucoup de familles l'attente anxieuse continue. Les incorporés de force ne rentrent qu'un par un et de plus en plus il faut se rendre à l'évidence que beaucoup ne reviendront plus. Certaines familles ont perdu ainsi deux de leurs fils sous l'uniforme allemand. D'autres attendront des années avant d'admettre que le fils ou le frère doit être considéré comme mort à la guerre.

Dans le village la reconstruction commence. On panse les plaies sommairement en attendant l'attribution des dommages de guerre. Des champs et des prés minés coûteront encore la vie à plusieurs personnes.

Pendant longtemps il sera dangereux de s'aventurer sur les hauteurs de Bourbach ou de Guewenheim ainsi qu'au Rohm.

L'administration française reprend ses droits et Alphonse ARNOLD, maire en 1940 reprend ses fonctions jusqu'aux élections de 1946. I1 sera remplacé par Eugène BELTZUNG qui cédera sa place à Bernard KIEFFER en 1971.

Plutôt que de longs commentaires, voici les principaux changements qui transformeront notre commune au cours des quatre dernières décennies:

LES REALISATIONS DE 1945 A 1991

1946 Réinauguration du monument aux morts (10 novembre).
1947 Création de la bibliothèque municipale - Inondations (décembre).
1949 Une voiture sera chargée par la Commune de passer de temps en temps dans le village pour ramasser les ordures.
1955/56 Construction du Centre Rural.
1957 Inauguration du Centre Rural (septembre) - Plantation d'un hectare de peupliers dans la Bodenmatten.
1958 Installation du paratonnerre sur le toit de l'église (Quête: 160000 F - Subvention CMDP: 40000 F).
1959 Construction du mur de soutènement de la salle de gymnastique.
1961 Création de l'étang de l'Association de Pêche et de Pisciculture de la Vallée de la Thur.
1965 Création du lotissement de la CMDP.
1967 Construction de la gare routière.
1969 Remembrement rural.
1970 Rénovation de l'éclairage public.
1971 Adhésion de la Commune au SIVOM de Thann et Environs.
1972 Construction de l'école maternelle.
1974 Couverture de la rivière de l'école jusqu'à l'immeuble MURA - Début des travaux d'assainissement.
1975 Création de l'étang du Grüsselbach - Mise en place d'une cabine publique de téléphone.
1977 Bétonnage du lit de la rivière - Construction du réservoir d'eau principal.
1979 Lotissement rue de la Chapelle.
1980 Mise en place d'une sirène d'alarme - Adoption des armoiries - Démolition de la maisonnette de la bascule (devant la façade Est de la mairie).
1981 Réfection du mur du cimetière et rénovation du "Kämer" (ossuaire).
1982 Démolition de l'immeuble "Grunewald" et création d'une place - Assainissement et trottoirs Grand'Rue et route de Thann.
1983 Rénovation du monument aux morts.
1984 Rénovation du clocher de l'église Saint-Laurent.
1985 Rénovation de la Mairie - Lotissement des Cerisiers.
1986 Rénovation de l'école élémentaire.
1988 Rénovation du presbytère.
1989 Installation d'un bureau de poste dans le bâtiment de la Mairie - Mise en place d'un parking devant le cimetière.
1990 Aménagement de la place de l'église.
1991/92 Construction d'un bâtiment multifonctionnel (Protection Civile et loisirs) - Démolition du Centre Rural.

DATES MARQUANTES DE L'HISTOIRE DE RODEREN

1090 Première mention de "Hohenroderen" dans une charte de l'abbaye de Woffenheim.
1120 Première mention d'une église à Roderen.
1361 La "mairie" de Roderen est rattachée à Thann.
1376 Roderen est dévasté par les bandes anglaises.
1453 Le pape Nicolas V accorde une indulgence de 100 jours aux visiteurs de l'église.
1468 Hohenrodern est pillé et brûlé par les Confédérés suisses. L'église est reconstruite. Fondation de la confrérie de Saint Sébastien.
1512 Bénédiction du choeur et de l'autel de l'église, du cimetière et pose de la première pierre de l'ossuaire.
1587 Premier registre paroissial de décès.
1633-35 Le village est pillé, tantôt par les Impériaux, tantôt par les Suédois.
1667 Hohenrodern est rattaché au doyenné de Masevaux.
1708 Restauration (reconstruction ?) partielle de l'église.
1716 Une chapelle est construite à l'emplacement d'une statue de la Vierge.
1720 Fondation d'une confrérie du Rosaire.
1746 La chapelle devient un lieu de pèlerinage.
1788 Roderen, comme les autres communes de la région, rédige son cahier de doléances.
1837 Construction de la première école communale (aujourd'hui mairie).
1839 Construction du chemin départemental Vieux-Thann - Masevaux par Guewenheim.
1842 Ouverture de l'école des filles au premier étage du bâtiment de l'école.
1858 Démolition de l'église du cimetière.
1858-61 Construction de l'église actuelle.
1878 Construction de l'école de garçons (aujourd'hui école mixte).
1892 Création de la CMDP.
1911 Installation du chauffage à l'église.
1924 Installation de l'éclairage électrique à l'église.
1935 Construction d'un préau, de W.C. et d'une buanderie à l'école de filles. Construction de la chapelle actuelle.
1937 Installation de la conduite d'eau.
1939 Erection du monument aux morts.

LES VICTIMES DES DEUX GUERRES MONDIALES

1914 - 1918

VICTIMES MILITAIRES
BAUER Ambroise
BUHR Emile
DANTZER Grégoire
FABIAN Aimé
FABIAN Emile
FISCHER Aloyse
HAFFNER Ernest
HUEBER Basile
HUEBER Xavier
KERN Grégoire
KIEFFER Georges
KIEFFER Joseph
MARTIN Eugène
MELLIAND Xavier
RIETH Charles
SCHNEBELEN Hilaire
SCHUFFENECKER Alfred
TRONDLE Xavier
TSCHANN Camile
TSCHANN Lucien

VICTIMES CIVILES
BUHR Henri
FELTZINGER Lydie
HUEBER Aimé
HURTH Joseph
HURTH Lucien
KIEFFER Marthe
KIPPELEN Sylvère
LEHMANN Victor
MEYER Céline
MEYER Rosalie
RIETH Chrysostome (Maire)
RUCKLY Aloyse
SPETZ Célestin
SPRINGER Marie-Anne

1939 - 1945

VICTIMES MILITAIRES
BAUER Louis
BAUMANN Hubert
BELTZUNG Charles
BUHR Charles
BUHR Pierre
CHRISTEN Xavier
DANTZER François
HAFFNER Emest
IMBERY Alfred
IMBERY Roger
KIEFFER Georges
KRUMHOLZ Emile
KRUMHOLZ René
SCHNEBELEN Maurice
SCHNEBELEN Eugène
SCHNEBELEN Emile
SPETZ Laurent
SPRINGER François
SPRINGER Georges
SPRINGER Jules
VANINI Arthur
WEYBRECHT Edouard
WITTMER Albert
WITTMER Julien

VICTIMES CIVILES

BAUER Georges
BUHR Marcel
BUHR René
HURTH Henri
KIPPELEN Jules et sa fille Célestine
MONA Xavier
SOEUR Clarita
TSCHIRHART Grégoire
WOLFERSPERGER Arbogaste

LISTE DES MAIRES DE RODEREN

(Nom et Prénom - Naissance Décès - Profession - Durée du Mandat)

LOTHRINGER François 1751-1837 Curé avant 1796-12/1803
THRO Jacques 1766-1836 Propriétaire cultivateur 12/1803-06/1816
TSCHEILER Vital 1752-1820 Cultivateur 06/1816-03/1820
FRANTZ Joseph 1777-1846 Propriétaire 03/1820-04/1821
BISCHOFF François 1778-1849 Cultivateur 04/1821-O1/1826
THRO Jean-Thiébault 1798-1833 Propriétaire cultivateur 01/1826-04/1829
THRO Jacques 1766-1836 Propriétaire cultivateur 04/1829-09/1830
SCHNEBELEN Laurent 1774-1836 Cultivateur 09/1830-12/1834
SCHNEBELEN Jean 1804-1890 Cultivateur 12/1834-08/1876
KIPPELEN Marius 1831-1885 Voiturier 09/1876-08/1885
PELTIER Richard 1835-1888 Cultivateur 08/1885-04/1888
DANTZER Appolinaire1833-1900 Cultivateur 04/1888-04/1896
RIETH Chrysostome 1847-1918 Cultivateur 04/1896-02/1918
SCHNEBELEN Vincent 1844-1930 Prop.cultivateur Prés.CMDP 02/1918-I1/1919
TSCHIRHART Grégoire1890-1945 Cafetier 12/1919-O5/1929
BUHR Léonard 1868-1955 Ouvrier d'usine O5/1929- 07/1930
ARNOLD Alphonse 1877-1955 Agriculteur 07/1930-06/1941
KIEFFER Camille 1893-1960 Relieur 06/1941-09/1942
STEIN René 1898- ? Employé de commerce 09/1942-12/1944
ARNOLD Alphonse 1877-1955 Agriculteur 12/1944-12/1945
BELZUNG Eugène 1913-1989 Gérant CMDP 03/1946-04/1971
KIEFFER Bernard 1930- Menuisier 04/1971-06/1995
FABIAN Antoine 06/1995-04/2014

KIPPELEN Christophe 1968 Cadre bancaire 05/04/2014 - ...

Fin de l'histoire !

Merci d'avoir lu jusqu'ici...

Merci encore à ceux qui ont rassemblé ces trésors pour que nous puissions mieux connaître notre village.

A Bientôt !